Les archives virtuelles inaugurées hier  (voir le site des)
   

[Midi madagasikara, 10 septembre 2002]

Chercheurs, artistes, étudiants, amateurs de musique malgache, professionnels de la culture et toute autre public désirant accéder à des informations de plusieurs natures afférentes à la musique malgache, les trouveront désormais dans un centre de consultation des archives virtuelles de la musique qu’abrite la Bibliothèque nationale d’Anosy. Il s’agit d’une collection de documents numérisés essentiellement composée d’éléments sonores, à savoir les musiques et chansons elles-mêmes les morceaux relevant du folkore à la variété et de nombreux autre genres musicaux malgaches mais également des éléments écrits dont de diverses partitions et des documents, toujours relatifs à la musique malgache, incluant certaines publications vieilles de plusieurs siècles. En bref, nous sommes en présence d’une base de données discographique et bibliographie de la musique malgache.

Rapatriement
Les archives numérisées au service de la musique, plus courantes sous d’autres cieux, ont longtemps manqué dans le pays. Désormais, la musique malgache aura les siennes. Inaugurées hier, elles sont l’aboutissement d’une heureuse initiative d’un musicologue autrichien, August Schmidhofer de l’Institut de musicologie de l’Université de Vienne qui, du fait de l’existence d’un véritable patrimoine musical malgache à Vienne, a procédé au rapatriement de ces fonds musicaux (enregistrements de terrain, disques 45, 78, 33 tours, cassettes, CD, photos et ouvrages scientifiques), précieux à plus d’un titre. Claude Razanajao, de l’Université de Montpellier III a également apporté sa pierre à l’édifice ainsi qu’une société spécialisée (Online) qui, elle, a apporté sa contribution notamment technique, pour la numérisation de ces éléments et la formation du personnel.

Patrimoines intellectuels

Cette base de données sera conservée et gérée au chapitre de sa mise à disposition au public par la Bibliothèque nationale avec l’appui financier de l’Unesco par le biais de la commission malgache de cet organisme international. Elle ne constitue évidemment que la première page étape du projet et nécessite des travaux d’enrichissement dans les prochains mois, pour aboutir enfin à la création d’un réseau d’échanges pour davantage de disponibilité des archives et de facilité d’accès. Car un constat reste valable pour plus d’un domaine à Madagascar : les patrimoines intellectuels de ce pays sont souvent mieux conservés, répertoriés, exploités et accessibles à l’extérieur. Malheureusement, les initiatives demeurent encore trop rares pour faire en sorte que le Grande Ile détienne à l’intérieur du territoire national, au moins l’équivalent de ces biens et patrimoines disponibles à l’étranger. Au contraire, ceux que nous détenons déjà ont été gérés dans un contexte de laisser-aller des plus désolants, il est grand temps que la situation change. Les autorités de tutelle auront certainement à l’investir dans ce sens.

   
   
[Fermer la fenetre] [Imprimer cette page]